Paris – Granville à vélo : 1000 km en 5 jours, du béton parisien au grand large normand
Rallier la capitale à la mer à la force des mollets : sur le papier, le projet a de quoi faire rêver. Reliant Paris à Granville en combinant La Seine à Vélo puis La Vélomaritime, cet itinéraire promet un beau voyage à travers la diversité des paysages français.
Au programme : 5 jours intensifs à près de 200 km par jour, en autonomie sous la tente, pour un regard authentique et sans filtre sur ce parcours mythique. Entre portions à éviter, sécurité bancale et pépites côtières, voici le récit et mon retour d’expérience complet.
Mon équipement : Cap sur la performance et le confort
Pour avaler ces 1 000 kilomètres à un rythme soutenu, je suis parti sur une monture taillée pour l’aventure :
- Le vélo : Un Origine Graxx GTR, vélo Gravel à la fois réactif, léger et ultra-confortable pour enchaîner les heures de selle.
- La bagagerie : Équipé de porte-bagages à l’avant et à l’arrière garnis de sacoches Ortlieb étanches (la valeur sûre contre la pluie et les éclaboussures normandes).
- Mode d’hébergement : 100 % camping sous la tente pour garder une totale liberté et rester au plus près de la nature.
Jour 1 à 2 : La Seine à Vélo — Déception et prudence de mise
Soyons francs d’emblée : la première partie du voyage sur La Seine à Vélo ne restera pas dans mes meilleurs souvenirs.
Une sortie de Paris sous haute tension
Si vous envisagez cet itinéraire, soyez avertis : la sortie de la région parisienne n’est absolument pas sécurisée pour les cyclistes. Entre le manque d’aménagements continus, le trafic dense, la cohabitation difficile avec les véhicules motorisés et une signalisation parfois confuse, il faut redoubler de vigilance. C’est une section stressante où l’on passe plus de temps à surveiller ses arrières qu’à profiter du paysage.
Un intérêt limité jusqu’à Rouen… puis une embellie vers Le Havre
Une fois l’agglomération parisienne dépassée, le parcours manque malheureusement de charme sur une grande portion, longeant régulièrement des zones industrielles ou des axes monotones. Jusqu’à Rouen, l’intérêt touristique et visuel est très limité.
- Étape 1 : Pause au Camping de Léry-Poses, au bord du lac, qui permet de souffler après une première grosse journée.
Heureusement, après Rouen et en direction du Havre, La Seine à Vélo redore son blason. Les méandres du fleuve deviennent plus bucoliques, les falaises de craie font leur apparition et l’ambiance s’apaise nettement au fur et à mesure qu’on approche de l’estuaire.
- Étape 2 : Nuit au Camping Domaine de la Catinière, idéalement situé près d’Honfleur et du Pont de Normandie pour faire la jonction avec la côte.
Jour 3 à 5 : La Vélomaritime — La vraie claque visuelle
Changement complet de décor en rejoignant La Vélomaritime (EV4) ! C’est à partir d’ici que le voyage prend toute sa dimension.
Le vent, la mer et les plages du Débarquement
Fini le béton et le stress urbain : place au grand air marin. L’itinéraire longe la côte, offrant des vues magnifiques sur la Manche, la Côte Fleurie (Honfleur, Deauville, Cabourg) puis le secteur historique des plages du Débarquement.
Aligner 200 km quotidiennement sur ce terrain exige du mental : le relief se fait plus coquin par endroits et le vent d’Ouest ne vous fait aucun cadeau. Mais le cadre est à couper le souffle.
- Étape 3 : Halte au Camping Le Fanal à Isigny-sur-Mer, parfait pour recharger les batteries au cœur du Bessin.
- Étape 4 : Nuit au Flower Camping Le Haut-Dick à Carentan, à la porte du Parc Naturel Régional des Marais du Cotentin et du Bessin, avant d’attaquer la dernière ligne droite vers l’Ouest.
L’arrivée triomphale à Granville
Après plus de 1 000 km cumulés sous les roues de mon Graxx, apercevoir la Haute Ville de Granville et la mer à perte de vue apporte une satisfaction indescriptible. La « Monaco du Nord » offre un point de chute parfait pour démonter la tente, poser le vélo et savourer le chemin parcouru.












































Mon bilan & Conseils aux voyageurs
- Faut-il faire La Seine à Vélo ? Si vous cherchez de beaux paysages dès les premiers kilomètres, privilégiez un départ en train depuis Rouen ou Le Havre pour sauter la section parisienne et le début du tracé. Vous vous éviterez du stress et des kilomètres peu intéressants.
- Le rythme (200 km/jour) : C’est un format engagé en gravel chargé. Si vous souhaitez visiter les musées du Débarquement, flâner à Giverny ou déguster des caramels à Isigny, prévoyez plutôt 7 à 10 jours.
- Sécurité : Équipez-vous de bons éclairages, de gilets réfléchissants et ouvrez l’œil sur toute la traversée de l’Île-de-France.
